Hop !

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Hop !

Connaissez-vous le disque d’or ? Un joli rond blond, plat, avec des petites veines couleur ambre ?  Une lune avec des petits cratères…
Je vous donne des indices pour votre recherche. Les jours allongent peu à peu, j’entends les oiseaux chanter et commencer leur parade. Dans les champs, les céréales germent. Les travaux agricoles reprennent avec les premiers rayons de soleil.

Certes, il fait encore froid la nuit et la neige nous gratifie de poudrées blanches. L’hiver donne ses derniers assauts, et malgré tout, nous voyons le printemps se profiler dans les brumes et les brouillards. Quelquefois, il faut de l’imagination et une bonne dose d’optimisme…

Il y a bien longtemps, les romains célébraient les Lupercales en l’honneur de Faunus, dieu de la fécondité et des troupeaux. Chez les grecs, il s’agissait de Perséphone, déesse de l’agriculture.  Pour les paysans, il s’agissait alors de favoriser les récoltes, et le retour des beaux jours, ils allumaient des chandelles.

Avez-vous deviné ? Non ? Un petit effort de concentration et je vous mets sur la piste.

Vers la fin du Ve siècle, le pape Gélase 1e a décidé d’instaurer une fête officielle afin d’abolir tous ces rites païens. Il était alors de tradition, d’amener son enfant au Temple pour qu’il soit béni, 40 jours environ après noël. Au Moyen-âge, des pèlerins commencèrent à venir à Rome afin de commémorer la présentation de Jésus, en portant des cierges bénis.
A partir de l’année 492, une procession annuelle fut alors organisée le 2 février,  et les participants défilaient avec des flambeaux. C’était la festa candelarum ou la  fête des chandelles, qui prendra le nom un peu plus tard de … chandeleur !

Mais, dans les rues glacées, les pèlerins méritants avaient bien froid. Et le pape Gélase, pour les récompenser de leurs efforts et pour les réconforter, et manquant de pain, (il avait dû « oublier » d’en faire préparer),  leur fit distribuer des petites pâtisseries ondulées, les crispus, de forme ronde à base de farine, d’eau, d’œuf, de sucre et de lait. Appelées alors « oublies », elles ont donné naissance à une tradition toujours respectée.

Hop !

Leur nom était bien mal choisi car personne ne les a oubliées.
Devenues près populaires, elles étaient cuites par l’oublieur, entre deux fers et agrémentées de jolis motifs, quelquefois roulées en cylindre, et vendues près des églises, ou lors des fêtes.

Cette fois, je pense que vous avez trouvé ce dont il s’agit !

Mais on n’avait pas attendu la proposition du pape pour en manger, puisque des historiens ont retrouvé les origines de cette coutume 7000 ans avant J.C. On utilisait alors diverses céréales que l’on mélangeait grossièrement avec de l’eau et on cuisait cette galette épaisse sur une pierre chaude. Puis, au XIIIe siècle, le sarrasin a été apporté d’Asie au retour des croisades. Il a permis de faire ainsi une pâte plus fine.
Par superstition, on la cuisait en tenant un louis d’or dans la main, et certains en posaient une sur une armoire pour assurer la prospérité. J’en conclus qu’il n’y avait pas de souris chez eux, ou peut être qu’un bataillon de chats veillait au grain …

Actuellement, les louis d’or se font rares, alors on les mange avec une variété incroyable de garnitures, salées ou sucrées. Et les gourmands se régalent toute l’année…

Je n’ai toujours pas nommé ce joli disque d’or… Mais vous avez évidemment trouvé son nom.

Et hop, hop, on tient la poêle d’une main et on la retourne sans la faire tomber !

Hop !Hop !
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Commenter cet article

dominique 11/02/2018 07:36

merci pour ce cours magistral, j'ai tout appris sur les crêpes en lisant une belle histoire.
Il y a des profs qui devrait prendre une leçon.Amicalement

MIALARET laurence 09/02/2018 20:47

Accompagnées de ta délicieuse confiture... un régal !!
Merci Evelyne pour cette belle histoire, j’ai appris pmein de choses

Marie CORNET 08/02/2018 07:03

Tiens les oublies... conversation récente il me semble ! Au moins je connais maintenant l'origine de cette belle fête gourmande !
Merci pour ce petit historique qui fait saliver...

MCT 07/02/2018 19:22

Quelle culture ma chère tu nous partages là.

Et vive le ... NUTELLA !!!

chantal chamaron 06/02/2018 22:09

cela me fait envie ! histoire très intéressante !

Bea 06/02/2018 19:43

...tiens, j’en mangerais bien une!!!

Fabienne P. 06/02/2018 18:28

Miam ! Quel que soit le lait utilisé et quelle que soit la farine, c'est toujours un régal de les faire et de les manger. Merci pour ce ptit cours d'histoire.