Conte du Lutin de Noël
Il était une fois… Bien loin de chez nous, au pays du grand froid, Till le petit lutin de la forêt qui habite au village du Père Noël.
Vêtu de vert pour mieux se cacher dans les arbres, ou de rouge comme les baies du houx, avec un grand chapeau et de jolies bottines. Tous les jours, il va à l’école de la forêt avec ses amis afin d’apprendre comment composer les plus jolis paquets cadeaux. Mais Till aime s’amuser, et il s’ennuie. Alors il joue avec les papiers, s'enveloppe avec les rouleaux de rubans multicolores, chahute avec les guirlandes et créé un beau désordre.
Ses paquets négligés s’ouvrent et il a même fait tomber une peluche qui s’est mise à sangloter. Till a bon cœur, il est désolé, il console le petit ourson en le câlinant doucement avant de le poser avec précaution dans son emballage pour être offert au bébé à qui il est destiné. Et zou, un ruban , un nœud, et le tour est joué. Plusieurs fois il s’est fait réprimander et il boude, assis sur une branche , baigné par la pâle lueur de la lune…
Lorsqu’il sera plus âgé, il pourra intégrer l’atelier de montage des jouets avant de compléter ses connaissances à la fabrique des rêves. Mais Till est impatient. Pourquoi attendre si longtemps ? Cela doit être tellement incroyable de pouvoir réaliser les souhaits des humains…
Till voudrait savoir où part le Père Noël avec son traineau. Les rennes sont gentils, il leur donne de l’herbe et quelquefois des carottes. Rudolph lui raconte leurs aventures lorsqu’ils s’envolent dans le ciel étoilé… Cette année encore, le lutin aidera au chargement de la grande hotte, et embrassera son ami au nez rouge avant leur départ. Ému, il pleurera en les regardant disparaitre dans le ciel.
Comme d’habitude il trouvera injuste de rester ici. Et si… Et si ….
Les yeux de Till brillent dans le noir et il éclate de rire, réveillant le renard assoupi derrière le tronc.
En cette belle soirée, la veillée de Noël, tous les lutins s’activent et garnissent la hotte magique avec les cadeaux qu’ils ont confectionnés. Till les aide efficacement, ce qui étonne son professeur. Tout en chantonnant, il porte sur son dos des énormes sacs sans rechigner.
L’heure du départ approche. Mère Noël apporte la grande couverture en délicats fils d’étoiles filantes, qu’elle a tricotée toute l’année pour son époux. Père Noël rougit de plaisir. Rudolph et ses amis s’envolent au milieu des cris de joie des lutins. Le traineau s’évanouit à l’horizon. Minuit approche. Après une traversée de la voie lactée, l’équipage descend lentement vers la Terre.
Brusquement, une fusée traverse le ciel, lui coupant la trajectoire. Les rennes se cabrent pour éviter l’engin. Le Père Noël retient la hotte qui manque de dégringoler avec son précieux contenu… Et une boule verte atterrit sur ses pieds en hurlant. Till s’extirpe de dessous le siège, l’air penaud. Le Père Noël l’attrape par les oreilles, décontenancé, en colère, bougon puis résigné.
Till jure d’être sage et d’aider. Il ne se doute pas qu’il aura de quoi faire. Le Père Noël lui montre comment choisir rapidement un cadeau sans se tromper pour le nom du destinataire. Devant chaque maison, il prononce la formule féérique d’invisibilité qu’il crée chaque année afin d’entrer et de déposer le colis au pied du sapin ou dessus la cheminée, dans une chaussure, près du lit, sur la table… Chaque famille a ses habitudes et ses traditions. Pas de bruit surtout.
Till cette fois s’applique. Le Père Noël lui a donné des ordres précis. Dans chaque cadeau, ne pas oublier de mettre la recette du bonheur : une dose de gentillesse, une grosse pincée de joie, un soupçon de tendresse et beaucoup d’amitié.
Le lutin est heureux, il se sent utile. Certes, il trouve qu’il est plus aisé de livrer un livre, un coussin ou un jeu de construction plutôt qu’un vélo électrique. Pff ! Les humains ne se rendent pas compte de la difficulté de rester discret. Mais il fait au mieux pour réaliser sa tâche. Vite, vite, vite ! Toujours plus vite ! Il y en a tant. Les humains ont de longues listes à honorer. Et le Père Noël malgré son grand âge est d’une rapidité déconcertante. C’est à peine s’il l’aperçoit entre deux livraisons.
Enfin, aux premières lumières de l’aube, leur mission prend fin. La hotte est vide… Enfin, pas tout à fait car au fond, il traine un paquet à moitié ouvert, les rubans mal attachés. Till, effaré, reconnait son œuvre et comprend tout à coup qu’un cadeau est avant tout un peu de son cœur que l’on emballe avec une attention particulière pour celui qui va le recevoir. Et celui-là, il sera impossible de le donner.
Il est temps de rentrer, tous sont bien fatigués par cette longue nuit. Le traineau longe les collines parfumées de Provence, un dernier regard sur les villages endormis avant de prendre de la hauteur. Tout est silencieux….
Mais, qui pleure ainsi dans la nuit ?
Dans un recoin rocheux, à l’abri du mistral, le Père Noël et Till découvrent un couple et un bébé qui sanglote. Sa maman tente vainement de le réchauffer contre elle. Le papa les protège comme il peut avec son manteau.
Que faire ? Ils n’ont rien demandé pour Noël et le traineau est vide. Mais Till court jusqu’à la hotte. Il finit d’ouvrir le paquet éventré. Il prend la petite peluche soyeuse, l’embrasse tendrement et lui confie un secret avant de le déposer délicatement dans le berceau.
Puis il tire Père Noël par la manche et lui fait une requête. Le lutin a raison, c’est Noël, le petit humain grelotte, alors plus d’hésitation. Il se saisit de la belle couverture en fils d’étoiles filantes et enveloppe les jeunes parents et leur enfant. L’ourson se blottit contre le nouveau-né. Les étoiles s’éclairent, scintillent, nimbant l’humble scène d’un halo céleste.
Père Noël et Till sont très émus. Le lutin glisse sa menotte dans la grosse main douce du vieillard qui essuie une larme. Rudolph et ses rennes esquissent un grand sourire avant de décoller.
Dans la grotte, l’ourson promet au tout petit d’être toujours son ami. Il lui raconte aussi l’histoire de Till, le petit lutin vert du pays du froid, qui vient de lui donner en secret le plus beau des prénoms : Amour.
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